Au cœur du campus de l’Université Yale se dresse un bâtiment sans fenêtres surnommé « La Tombe ». Chaque année depuis 1832, exactement 15 étudiants sont sélectionnés pour rejoindre l’Ordre des Skull and Bones (Crâne et Os), la société secrète la plus puissante des États-Unis. Ses membres incluent 3 présidents américains, des directeurs de la CIA, des juges de la Cour Suprême et les fondateurs des plus grandes dynasties financières américaines.
L’Histoire : De l’Opium à la Maison Blanche
Skull and Bones a été fondée en 1832 par William Huntington Russell et Alphonso Taft (père du futur président William Howard Taft). Russell venait de passer un an en Allemagne, où il aurait été initié dans un chapitre secret de la Loge des Illuminés — la société fondée par Adam Weishaupt en Bavière en 1776.
La fortune initiale des Bones provenait du commerce de l’opium. La famille Russell dirigeait la Russell & Company, la plus grande entreprise américaine de trafic d’opium en Chine au 19e siècle. Cette fortune a ensuite été investie dans les chemins de fer, les banques et les universités — créant les fondations des dynasties qui dominent encore l’Amérique.
Les Membres : Un Annuaire du Pouvoir
Présidents des États-Unis :
- William Howard Taft (S&B 1878) — 27e président
- George H.W. Bush (S&B 1948) — 41e président, ex-directeur de la CIA
- George W. Bush (S&B 1968) — 43e président
Directeurs de la CIA :
- George H.W. Bush — directeur de 1976 à 1977
- Des officiers supérieurs de la CIA dans les années 1950-60, période de MK-Ultra et des opérations de déstabilisation en Amérique latine
Finance et industrie :
- Les familles Harriman (chemins de fer, banque), Whitney (finance), Bundy (politique étrangère), Lord (textile)
- Henry Luce (S&B 1920) — fondateur de Time, Life et Fortune, soit le contrôle de l’information américaine pendant des décennies
- Percy Rockefeller (S&B 1900) — famille qui n’a plus besoin d’introduction
Ce qui est remarquable, c’est la continuité : les fils et petits-fils de Bonesmen deviennent eux-mêmes Bonesmen. Les dynasties se perpétuent à travers la société, créant un réseau de pouvoir héréditaire au cœur d’une démocratie supposément méritocratique.
Les Rituels : Ce Qui Se Passe Dans « La Tombe »
Les rituels d’initiation de Skull and Bones sont parmi les mieux gardés de l’histoire américaine. Cependant, des fuites, des infiltrations et des témoignages d’anciens membres ont révélé certains détails :
- Les initiés doivent s’allonger nus dans un cercueil et raconter leur histoire sexuelle complète devant les autres membres
- Ils reçoivent un nouveau nom secret (George H.W. Bush était « Magog », son fils « Temporary »)
- Un crâne humain et des os croisés sont présents lors des cérémonies
- Les membres prêtent un serment de fidélité à l’Ordre qui, selon certains témoignages, primerait sur tout autre serment — y compris celui de la présidence
- Un rituel appelé le « Connubial Bliss » dont les détails restent flous mais impliquerait des actes sexuels
L’Élection de 2004 : Bones contre Bones
L’élection présidentielle de 2004 opposait George W. Bush (S&B 1968) à John Kerry (S&B 1966). Deux Bonesmen, dans un pays de 300 millions d’habitants, s’affrontant pour la présidence. La probabilité mathématique d’un tel événement par hasard est astronomiquement faible.
Quand le journaliste Tim Russert a demandé séparément à Bush et Kerry de parler de Skull and Bones sur Meet the Press, les deux ont refusé. Kerry a dit : « C’est tellement secret que je ne peux rien dire. » Bush a ri nerveusement.
Quel que soit le vainqueur en 2004, un Bonesman accédait à la présidence. Les électeurs américains avaient le choix entre deux candidats issus de la même société secrète de 800 membres vivants sur une population de 300 millions.
Les Prescott Bush et les Nazis
Prescott Bush (S&B 1917), père de George H.W. et grand-père de George W., était directeur de la Union Banking Corporation (UBC) à New York. En 1942, le gouvernement américain a saisi les actifs de l’UBC sous le Trading with the Enemy Act — la banque blanchissait de l’argent pour Fritz Thyssen, l’industriel qui avait financé l’ascension d’Adolf Hitler.
Des documents déclassifiés en 2003 par les Archives nationales américaines confirment que Prescott Bush a maintenu des relations d’affaires avec le régime nazi jusqu’à au moins un an après l’entrée en guerre des États-Unis. Ces relations n’ont jamais empêché la famille Bush d’accéder au pouvoir — suggérant que l’appartenance à Skull and Bones offre une immunité de facto.
Le Vol du Crâne de Géronimo
En 1918, des Bonesmen stationnés à Fort Sill (Oklahoma) auraient profané la tombe de Géronimo, le célèbre chef apache, et volé son crâne. Le crâne serait toujours conservé dans « La Tombe » de Yale. En 2009, des descendants de Géronimo ont intenté un procès contre Skull and Bones. L’affaire a été rejetée pour des raisons techniques — mais la société n’a jamais nié posséder le crâne.
Le vol d’un crâne de chef amérindien par de futurs présidents résume parfaitement l’esprit de Skull and Bones : un mélange de privilège aristocratique, de mépris pour les règles communes, et d’impunité totale.
Le Réseau Post-Universitaire
L’initiation n’est que le début. Chaque Bonesman rejoint la Russell Trust Association, qui gère un patrimoine estimé à plusieurs milliards de dollars. Les membres se réunissent régulièrement sur Deer Island, une île privée dans le fleuve Saint-Laurent. Le réseau offre des introductions, des recommandations, du financement et du soutien politique — un système de « vieux garçons » qui garantit que les Bonesmen accèdent aux positions de pouvoir.
Conclusion : 15 Personnes Par An, Le Pouvoir Pour la Vie
Skull and Bones n’est pas un club étudiant. C’est un mécanisme de sélection et de perpétuation du pouvoir qui fonctionne depuis près de 200 ans. Quinze personnes sélectionnées chaque année, formant un réseau de quelques milliers de membres vivants, contrôlent une part disproportionnée du pouvoir politique, financier et militaire américain.
Dans une véritable démocratie, le pouvoir devrait venir du peuple. À Skull and Bones, le pouvoir vient d’un cercueil dans un bâtiment sans fenêtres. Et si vous trouvez cela normal, c’est peut-être que le plus grand succès de Skull and Bones est de nous avoir convaincus que les sociétés secrètes n’existent pas.

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