En juin 2020, alors que le monde entier était paralysé par la pandémie de COVID-19, Klaus Schwab, fondateur et président exécutif du Forum Économique Mondial, a publié un livre intitulé « COVID-19 : La Grande Réinitialisation ». En quelques semaines, ce titre est devenu le point focal de la plus grande théorie du complot de l’ère post-pandémique.
Mais est-ce vraiment une théorie du complot quand le plan est écrit noir sur blanc, publié et vendu en librairie ?
Qui est Klaus Schwab ?
Né en 1938 à Ravensburg, en Allemagne, Klaus Schwab a fondé le Forum Économique Mondial (WEF) en 1971. Chaque année en janvier, à Davos en Suisse, les dirigeants les plus puissants de la planète — chefs d’État, PDG de multinationales, banquiers centraux — se réunissent à son invitation pour des discussions à huis clos sur l’avenir de l’économie mondiale.
La liste des participants de Davos ressemble au who’s who du pouvoir mondial : Emmanuel Macron, Ursula von der Leyen, Bill Gates, Jeff Bezos, Christine Lagarde, Mark Zuckerberg… Tous se retrouvent dans cette petite station de ski suisse, loin des caméras, pour décider — selon les critiques — de l’avenir de 8 milliards d’êtres humains sans leur consentement.
Ce qui distingue Schwab des autres élites, c’est sa franchise. Là où d’autres dissimulent, Schwab publie. Il a écrit quatre livres détaillant sa vision d’un monde transformé par ce qu’il appelle la « Quatrième Révolution Industrielle » — une fusion entre le physique, le numérique et le biologique.
Le contenu du Grand Reset
Dans son livre de 2020, Schwab affirme que la pandémie de COVID-19 représente une « fenêtre d’opportunité étroite » pour « réinitialiser » l’économie mondiale. Les piliers de cette réinitialisation incluent :
1. La refonte du capitalisme : Schwab propose de remplacer le « capitalisme des actionnaires » par un « capitalisme des parties prenantes » où les entreprises ne serviraient plus les intérêts de leurs propriétaires mais ceux définis par… le WEF et ses partenaires. En pratique, cela signifierait que des organisations non élues dicteraient les priorités des entreprises mondiales.
2. L’identité numérique universelle : Le WEF promeut activement la création d’une identité numérique obligatoire pour chaque être humain sur la planète. Cette identité serait liée au passeport sanitaire, au compte bancaire, au permis de conduire, au dossier médical et aux droits de déplacement. Ceux qui refusent se retrouveraient exclus de la société.
3. La monnaie numérique de banque centrale (MNBC) : Le WEF soutient le remplacement de l’argent liquide par des monnaies numériques contrôlées par les banques centrales. Contrairement aux crypto-monnaies décentralisées, les MNBC permettraient aux gouvernements de surveiller chaque transaction, de geler instantanément les comptes de dissidents et de programmer la monnaie pour expirer si elle n’est pas dépensée dans un délai imparti.
4. « Vous ne posséderez rien et vous serez heureux » : Cette phrase, issue d’une vidéo promotionnelle du WEF de 2016, est devenue virale. Elle résume la vision d’un monde où la propriété privée est remplacée par un système d’abonnements et de locations perpétuelles. Votre voiture, votre logement, vos vêtements — tout serait loué auprès de corporations qui, elles, posséderaient tout.
Le programme des « Young Global Leaders »
L’un des aspects les plus troublants de l’empire Schwab est le programme des « Young Global Leaders » (YGL), lancé en 2004. Ce programme sélectionne chaque année environ 100 personnes de moins de 40 ans jugées « prometteuses » et les forme pendant cinq ans aux idées et méthodes du WEF.
La liste des anciens « élèves » de ce programme est stupéfiante :
- Emmanuel Macron (YGL 2016) — Président de la France
- Justin Trudeau (YGL 2002) — Premier ministre du Canada
- Jacinda Ardern (YGL 2014) — Première ministre de Nouvelle-Zélande
- Mark Zuckerberg (YGL 2009) — Fondateur de Facebook
- Sergey Brin et Larry Page (YGL 2005) — Fondateurs de Google
- Jeff Bezos (YGL 1998, ancien programme) — Fondateur d’Amazon
Klaus Schwab lui-même s’est vanté en 2017 : « Ce dont nous sommes très fiers, c’est d’avoir pénétré les cabinets de nombreux gouvernements à travers le monde. » Cette déclaration, capturée en vidéo lors d’une conférence à Harvard, n’est pas une interprétation complotiste — c’est une citation directe.
L’Agenda 2030 et les objectifs de développement durable
Le Grand Reset s’inscrit dans un cadre plus large : l’Agenda 2030 des Nations Unies et ses 17 Objectifs de Développement Durable (ODD). Présentés comme des objectifs humanitaires louables (fin de la pauvreté, éducation pour tous, action climatique), ces objectifs servent selon les critiques de cheval de Troie pour imposer une gouvernance mondiale centralisée.
Prenons l’exemple de l’ODD 11 : « Faire en sorte que les villes soient ouvertes à tous, sûres, résilientes et durables ». Sous cette formulation bienveillante se cache le concept de « ville de 15 minutes » — où chaque citoyen vivrait, travaillerait et consommerait dans un périmètre de 15 minutes, avec des restrictions de déplacement au-delà. À Oxford, en Angleterre, ce concept est déjà en cours d’implémentation, suscitant des manifestations massives.
L’ODD 2 (« Faim zéro ») est utilisé pour justifier le remplacement de l’agriculture traditionnelle par des fermes verticales contrôlées par des corporations et de la viande synthétique produite en laboratoire. Bill Gates est devenu le plus grand propriétaire de terres agricoles aux États-Unis — pendant qu’il finance la recherche sur la viande artificielle.
Le passeport carbone individuel
En 2022, le président du groupe Alibaba (le géant chinois du e-commerce) a présenté à Davos un concept qui a glacé les observateurs : le « traqueur de carbone individuel ». Ce système attribuerait à chaque être humain un budget carbone annuel et suivrait ses émissions à travers chaque achat, chaque déplacement, chaque repas.
Dépassez votre quota ? Vous ne pourrez plus voyager. Vous ne pourrez plus acheter de viande. Votre accès à certains services sera restreint. Ce n’est plus de la science-fiction — c’est un produit présenté avec fierté devant les dirigeants mondiaux réunis à Davos.
La Chine a déjà implémenté un système similaire : le crédit social. Les citoyens chinois sont notés en fonction de leur comportement, et ceux qui descendent en dessous d’un certain score perdent l’accès aux transports, aux prêts bancaires et même à l’éducation de leurs enfants. Le WEF a publié plusieurs articles saluant les « leçons » du modèle chinois.
Complot ou projet assumé ?
La particularité du Grand Reset est que ses promoteurs ne se cachent pas. Tout est publié, filmé, documenté. Les livres de Schwab sont en vente libre. Les vidéos de Davos sont accessibles sur YouTube. Les documents de travail du WEF sont téléchargeables sur leur site officiel.
Alors, est-ce une théorie du complot ? Ou est-ce pire — un plan ouvertement déclaré que la majorité des gens refusent de voir parce qu’ils ne peuvent pas concevoir que les élites puissent être aussi transparentes sur leurs intentions ?
Comme l’a dit un jour Jean-Claude Juncker, ancien président de la Commission européenne : « Nous prenons une décision, nous la mettons sur la table, et nous attendons de voir ce qui se passe. Si personne ne proteste, nous continuons, pas à pas, jusqu’au point de non-retour. »
Le Grand Reset n’est pas un secret. C’est un test. Un test pour voir si les peuples du monde se laisseront réinitialiser sans résister.

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