Levez les yeux. Ces longues traînées blanches qui zèbrent le ciel bleu ne sont-elles que de simples traînées de condensation ? Ou bien assiste-t-on, impuissants, à un programme massif de pulvérisation aérienne dont personne ne veut parler ?
La question divise la France : selon un sondage IFOP de 2023, 22 % des Français estiment que les chemtrails sont une réalité. Ce chiffre grimpe à 35 % chez les 18-24 ans. Mais au-delà des opinions, quels sont les faits ?
La différence entre contrails et chemtrails
Les traînées de condensation — ou contrails — sont un phénomène physique bien connu. Lorsqu’un avion vole à haute altitude (généralement au-dessus de 8 000 mètres), les gaz d’échappement chauds se mélangent à l’air froid et humide de l’atmosphère, créant des cristaux de glace qui forment ces lignes blanches dans le ciel. Ces traînées se dissipent normalement en quelques minutes.
Les chemtrails, en revanche, seraient des substances chimiques délibérément pulvérisées depuis des avions équipés de réservoirs spéciaux. Leur caractéristique principale : elles persistent pendant des heures, s’étendent progressivement pour former un voile blanchâtre qui finit par couvrir une portion significative du ciel.
Les partisans de cette théorie pointent du doigt un fait troublant : depuis les années 1990, les traînées persistantes se sont multipliées de manière exponentielle. Des photographies des années 1960 et 1970 montrent des ciels d’un bleu profond, rarement striés. Aujourd’hui, dans certaines régions, il est devenu rare de voir un ciel parfaitement dégagé.
Le programme de géo-ingénierie solaire : la théorie devient réalité
Pendant des années, quiconque évoquait la possibilité de pulvérisations aériennes intentionnelles était immédiatement catalogué comme « complotiste ». Puis, en 2017, quelque chose a changé. L’université Harvard a officiellement lancé le Stratospheric Controlled Perturbation Experiment (SCoPEx), un programme de recherche visant littéralement à pulvériser des particules de carbonate de calcium dans la stratosphère pour réfléchir la lumière solaire et ainsi « refroidir » la planète.
Soudainement, l’idée de pulvériser des substances dans l’atmosphère n’était plus une théorie complotiste — c’était un programme scientifique financé par Bill Gates à hauteur de plusieurs millions de dollars. La question n’était plus « est-ce que quelqu’un pulvérise des choses dans le ciel ? » mais « depuis quand le font-ils ? »
En 2023, le gouvernement mexicain a banni les expériences de géo-ingénierie solaire après que la startup Make Sunsets ait effectué des lâchers de particules de soufre au-dessus du territoire mexicain sans autorisation. Cette interdiction a confirmé ce que beaucoup soupçonnaient : des programmes de pulvérisation atmosphérique existent bel et bien, et ils ne sont pas toujours soumis à une supervision gouvernementale.
Les brevets troublants
L’un des arguments les plus solides des théoriciens des chemtrails concerne l’existence de brevets officiels décrivant exactement les systèmes de pulvérisation qu’on leur dit être imaginaires :
Le brevet US5003186, déposé en 1990 par la Hughes Aircraft Company (alors propriété de Howard Hughes), décrit un « procédé de ensemencement de la stratosphère terrestre avec des particules d’oxyde d’aluminium pour modifier l’albédo ». Le brevet détaille un système complet de dispersion aérienne incluant des réservoirs, des buses de pulvérisation et des calculs de trajectoire.
Le brevet US6315213, déposé en 2001, décrit une « méthode de modification du temps par pulvérisation de polymères fonctionnels dans l’atmosphère ». Le brevet mentionne explicitement l’utilisation d’avions commerciaux comme vecteurs de dispersion.
Comment des brevets aussi précis peuvent-ils exister si la technologie qu’ils décrivent n’a jamais été développée ni utilisée ?
Les analyses de sol qui dérangent
En 2010, un groupe de citoyens du comté de Shasta en Californie a fait analyser des échantillons d’eau de pluie et de sol par des laboratoires indépendants. Les résultats ont révélé des concentrations d’aluminium jusqu’à 4 600 fois supérieures à la limite maximale acceptable. Des niveaux anormaux de baryum et de strontium ont également été détectés.
Des analyses similaires menées dans le sud de la France entre 2018 et 2022 ont montré des résultats comparables. L’association française « Acseipica » a compilé des centaines de résultats d’analyses montrant des concentrations métalliques anormales dans les eaux de pluie, corrélées avec des épisodes de pulvérisations aériennes intenses observés visuellement.
Les sceptiques rétorquent que ces métaux peuvent provenir de sources naturelles ou industrielles. C’est possible. Mais la question reste : pourquoi les taux augmentent-ils de manière aussi spectaculaire dans des zones rurales éloignées de toute source industrielle ?
Le document « Owning the Weather in 2025 »
En 1996, l’US Air Force a publié un document de recherche intitulé « Weather as a Force Multiplier: Owning the Weather in 2025 ». Ce document de 52 pages, accessible publiquement, détaille comment les forces armées américaines pourraient utiliser la modification du temps comme arme stratégique à l’horizon 2025.
Le document décrit des technologies de « ensemencement des nuages avec des nanomatériaux », de « modification de l’ionosphère » et de « création de brouillard artificiel ». Il conclut que « la modification du temps peut procurer au combattant une vaste gamme d’options pour vaincre ou contraindre un adversaire ».
Officiellement, l’US Air Force a pris ses distances avec ce document, le qualifiant de simple exercice académique. Mais comment qualifier un document de recherche militaire de 52 pages, financé par des fonds publics, qui détaille des systèmes d’armes atmosphériques avec une précision technique remarquable ?
La Convention ENMOD : la preuve que ça existe
Peut-être l’argument le plus irréfutable en faveur de l’existence de programmes de modification atmosphérique est-il la Convention ENMOD (Environmental Modification Convention), signée en 1977 par les États-Unis, l’URSS et 76 autres pays. Cette convention interdit explicitement « l’utilisation de techniques de modification de l’environnement à des fins militaires ou hostiles ».
Posez-vous cette question : pourquoi 78 pays signeraient-ils un traité international interdisant quelque chose qui n’existe pas ?
Ce que nous savons et ce que nous ignorons
Voici ce qui est officiellement confirmé :
- Les programmes de géo-ingénierie solaire existent et sont activement financés
- Des entreprises privées ont effectué des pulvérisations atmosphériques sans autorisation gouvernementale
- Des brevets décrivent en détail des systèmes de pulvérisation aérienne de particules métalliques
- L’armée américaine a produit des documents détaillant l’utilisation militaire de la modification atmosphérique
- Un traité international interdit l’utilisation militaire de ces technologies — ce qui confirme leur existence
- Des analyses indépendantes montrent des concentrations anormales de métaux dans les eaux de pluie
Et voici ce que nous ne savons pas :
- L’ampleur réelle des programmes en cours
- Les substances exactes utilisées et leurs effets sur la santé humaine
- Quels gouvernements participent et lesquels sont simplement complices par leur silence
- Depuis combien de temps ces programmes sont opérationnels
La prochaine fois que vous levez les yeux et que vous voyez ces traînées blanches persister pendant des heures dans un ciel qui devrait être bleu, posez-vous la question : êtes-vous certain de savoir ce qui tombe sur vous ?

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