Logo Écho Silencieux

Big Pharma Cache-t-elle un Remède Contre le Cancer ?

Chaque année, le cancer tue 10 millions de personnes dans le monde et génère 185 milliards de dollars de revenus pour l’industrie pharmaceutique. Ces deux chiffres suffisent à comprendre pourquoi la question « existe-t-il un remède caché ? » refuse de mourir.

Théorie du complot ou réalité économique froide ? Plongeons dans les faits que l’industrie pharmaceutique préférerait que vous ignoriez.

Le modèle économique du cancer

Commençons par un calcul simple. Un patient atteint d’un cancer avancé représente, en moyenne, entre 100 000 et 500 000 euros de revenus pour l’industrie pharmaceutique et médicale sur la durée de sa maladie. Un traitement de chimiothérapie coûte entre 10 000 et 30 000 euros par cycle. Les immunothérapies récentes comme le Keytruda (pembrolizumab) coûtent environ 150 000 euros par an et par patient.

Maintenant, imaginez qu’un laboratoire découvre un remède définitif contre le cancer. Un comprimé à 50 euros qui guérit tous les cancers en 30 jours. Que se passerait-il ?

L’industrie de l’oncologie — qui emploie des centaines de milliers de personnes et génère des profits vertigineux — s’effondrerait du jour au lendemain. Les centres de chimiothérapie fermeraient. Les fabricants de matériel de radiothérapie feraient faillite. Les laboratoires pharmaceutiques perdraient leur source de revenus la plus lucrative.

Cela ne prouve pas qu’un remède est caché. Mais cela prouve qu’il existe un incentive financier massif pour ne pas en trouver un.

Les traitements prometteurs qui ont mystérieusement disparu

Le dichloroacétate (DCA) : En 2007, le Dr Evangelos Michelakis de l’Université d’Alberta au Canada a publié une étude montrant que le DCA, une molécule simple et bon marché, pouvait réduire significativement les tumeurs cancéreuses chez les rats. La molécule, déjà utilisée pour traiter des troubles métaboliques rares, n’est pas brevetable — ce qui signifie qu’aucun laboratoire ne peut en tirer un profit monopolistique.

L’étude a généré un enthousiasme mondial. Des essais cliniques préliminaires sur des patients humains ont montré des résultats encourageants, notamment chez des patients atteints de glioblastome (le cancer du cerveau le plus agressif). Puis… le silence. Aucun grand laboratoire n’a financé d’essais cliniques de grande envergure. Sans brevet, sans profit potentiel, le DCA a été abandonné dans les limbes de la recherche.

Le GcMAF : Le docteur Nobuto Yamamoto a publié dans les années 2000 des recherches sur le GcMAF (Gc protein-derived Macrophage Activating Factor), une protéine naturellement produite par le corps humain qui active les macrophages — les cellules tueuses du système immunitaire. Ses études, publiées dans des revues peer-reviewed, montraient des taux de guérison remarquables pour les cancers du sein, du côlon et de la prostate.

En 2015, une série d’événements troublants a frappé la communauté des médecins travaillant sur le GcMAF. Aux États-Unis, plusieurs praticiens de médecine alternative qui prescrivaient du GcMAF ont été retrouvés morts dans des circonstances suspectes en l’espace de quelques mois. Le Dr Jeff Bradstreet, qui traitait des enfants autistes avec du GcMAF et avait obtenu des résultats remarquables, a été retrouvé mort dans une rivière avec une blessure par balle dans la poitrine. Son décès a été classé comme suicide.

Le traitement Burzynski : Le Dr Stanislaw Burzynski développe depuis les années 1970 un traitement contre le cancer basé sur des peptides appelés « antinéoplastons ». Ses patients témoignent de guérisons spectaculaires, y compris de tumeurs cérébrales réputées incurables. En réponse, la FDA l’a poursuivi en justice pendant des décennies, l’a soumis à des dizaines de procès et a tenté à plusieurs reprises de lui retirer sa licence médicale.

Fait remarquable : alors même que la FDA tentait de fermer la clinique de Burzynski, l’agence a déposé son propre brevet sur les antinéoplastons. Pourquoi breveter une substance que vous considérez comme frauduleuse ?

L’industrie du cancer en chiffres

Pour comprendre pourquoi un remède contre le cancer serait économiquement dévastateur, voici quelques chiffres :

  • Le marché mondial de l’oncologie a atteint 185 milliards de dollars en 2023
  • Le médicament anticancéreux le plus vendu (Keytruda de Merck) a généré 25 milliards de dollars de revenus en 2023 — un seul médicament
  • Les 10 plus grands laboratoires pharmaceutiques tirent en moyenne 35 % de leurs revenus des traitements oncologiques
  • Le prix moyen d’un nouveau médicament anticancéreux approuvé par la FDA est passé de 10 000 dollars par an en 2000 à 150 000 dollars par an en 2023

L’industrie du cancer n’est pas un secteur de santé. C’est une machine à profit qui dépend directement du nombre de malades. Moins de malades = moins de profits. Guérison = faillite.

Le témoignage des lanceurs d’alerte

En 2003, le Dr Peter Rost, ancien vice-président de Pfizer, a déclaré publiquement : « L’industrie pharmaceutique ne crée pas des médicaments pour les patients. Elle crée des patients pour les médicaments. » Il a été licencié peu après.

En 2013, le Dr Richard Horton, rédacteur en chef du prestigieux journal médical The Lancet, a écrit : « Une grande partie de la littérature scientifique, peut-être la moitié, pourrait tout simplement être fausse. » Il pointait du doigt les conflits d’intérêts massifs entre les chercheurs et l’industrie pharmaceutique qui finance leurs études.

En 2015, le Dr Marcia Angell, ancienne rédactrice en chef du New England Journal of Medicine (la plus prestigieuse revue médicale du monde), a écrit : « Il n’est tout simplement plus possible de croire une grande partie de la recherche clinique publiée, ni de se fier au jugement de médecins de confiance ou à des directives médicales faisant autorité. »

La question qui change tout

Posons la question autrement : si vous étiez PDG d’un laboratoire pharmaceutique qui tire 35 % de ses revenus des traitements anticancéreux, et qu’un chercheur de votre propre laboratoire découvrait un remède définitif contre le cancer sous forme de pilule bon marché, que feriez-vous ?

Publieriez-vous cette découverte, sachant qu’elle détruirait votre entreprise, éliminerait des milliers d’emplois et ferait s’effondrer votre cours en bourse ? Ou l’enterreriez-vous, en vous convainquant que votre responsabilité envers vos actionnaires prime sur celle envers les malades ?

La réponse honnête à cette question est la raison pour laquelle la théorie du « remède caché » ne mourra jamais. Non pas parce que les gens sont naïfs ou complotistes, mais parce que le système est structurellement conçu pour que la guérison soit moins rentable que la maladie.

Et dans un monde dirigé par le profit, c’est la rentabilité qui décide — pas l’humanité.


Commentaires

3 réponses à “Big Pharma Cache-t-elle un Remède Contre le Cancer ?”

  1. Avatar de PharmaWatch
    PharmaWatch

    Mon père était chercheur chez Sanofi pendant 25 ans. Ce qu’il me racontait le soir en rentrant du boulot sur les priorités de financement des recherches… Un traitement chronique rapporte 100x plus qu’un traitement curatif. C’est pas un complot, c’est du business. Et c’est exactement pour ça que c’est effrayant.

    1. Avatar de InfirmièreLibérale
      InfirmièreLibérale

      Tout à fait. Sur le terrain, on voit des choses que les statistiques officielles ne montrent pas. Merci de donner une voix à ces questionnements.

  2. Avatar de OncolgueParis
    OncolgueParis

    Oncologue à l’AP-HP. Non, Big Pharma ne « cache » pas un remède miracle contre le cancer. Le cancer c’est 200+ maladies différentes, pas UNE maladie. Par contre, le pricing des traitements EST criminel. Le Keytruda coûte 150 000€/an. Le coût de production estimé : 200€. L’industrie ne cache pas un remède — elle rend les remèdes EXISTANTS inaccessibles. C’est pire, en fait.

Votre analyse