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Le COVID-19 a-t-il Été Créé en Laboratoire à Wuhan ?

Pendant trois ans, quiconque évoquait la possibilité que le SARS-CoV-2 ait pu s’échapper d’un laboratoire était immédiatement censuré, banni des réseaux sociaux et traité de complotiste dangereux. Puis en 2023, le département de l’Énergie américain et le FBI ont conclu, chacun indépendamment, que l’hypothèse d’une fuite de laboratoire était la plus probable.

Comment sommes-nous passés de « théorie du complot dangereuse » à « conclusion la plus probable de deux agences fédérales américaines » en seulement trois ans ?

L’Institut de Virologie de Wuhan : le laboratoire au centre de la tempête

L’Institut de Virologie de Wuhan (WIV) abrite le seul laboratoire de biosécurité de niveau 4 (BSL-4) de Chine — le niveau le plus élevé, réservé aux pathogènes les plus dangereux. Ce laboratoire est situé à moins de 15 kilomètres du marché de Huanan, présenté initialement comme le point d’origine de la pandémie.

Ce laboratoire menait depuis des années des recherches sur les coronavirus de chauve-souris, sous la direction de la virologue Shi Zhengli, surnommée « Batwoman » par ses collègues. Son équipe avait collecté des centaines de souches de coronavirus dans des grottes du Yunnan, à plus de 1 500 km de Wuhan, et les ramenait au laboratoire pour les étudier.

Plus troublant encore : l’équipe de Shi Zhengli menait des expériences de « gain de fonction » — un type de recherche qui consiste à modifier génétiquement un virus pour le rendre plus transmissible ou plus virulent, officiellement pour « anticiper les pandémies futures ».

Le financement américain qui dérange

Voici le détail qui transforme cette affaire de mystère scientifique en scandale politique majeur : les recherches sur les coronavirus de chauve-souris menées à Wuhan étaient partiellement financées par les États-Unis.

Le National Institute of Allergy and Infectious Diseases (NIAID), dirigé par le Dr Anthony Fauci, avait accordé un financement de 3,7 millions de dollars à l’organisation EcoHealth Alliance, dirigée par Peter Daszak. EcoHealth Alliance avait à son tour sous-traité une partie de ce financement au WIV pour des recherches sur les coronavirus de chauve-souris.

Interrogé sous serment devant le Congrès américain, Fauci a d’abord nié catégoriquement que le NIH ait jamais financé des recherches de gain de fonction à Wuhan. Puis, face à des documents internes contredisant ses déclarations, il a modifié sa position à plusieurs reprises, jouant sur la définition technique de « gain de fonction ».

En octobre 2021, le NIH a finalement admis dans une lettre au Congrès qu’EcoHealth Alliance avait effectivement mené des expériences qui avaient rendu un coronavirus de chauve-souris plus infectieux — mais a affirmé que cela ne correspondait pas à la « définition » officielle du gain de fonction. Cette acrobatie sémantique n’a convaincu personne.

Les câbles diplomatiques de 2018

En janvier 2018, deux ans avant la pandémie, des diplomates américains en poste à Pékin ont envoyé des câbles urgents à Washington après avoir visité le WIV. Ces câbles, déclassifiés en 2021 par le Washington Post, signalaient des « problèmes de sécurité graves » au laboratoire et un manque de personnel qualifié pour opérer un BSL-4.

Un câble spécifiquement avertissait que les recherches du WIV sur les coronavirus de chauve-souris « représentaient un risque de nouvelle pandémie de type SARS ». Deux ans plus tard, une nouvelle pandémie de type SARS est apparue à 15 kilomètres du laboratoire.

La base de données effacée

En septembre 2019 — trois mois avant les premiers cas officiels de COVID-19 — l’Institut de Virologie de Wuhan a mis hors ligne sa base de données de 22 000 échantillons de virus. Cette base de données, auparavant accessible aux chercheurs du monde entier, contenait les séquences génétiques de tous les coronavirus collectés par le WIV.

Pourquoi effacer cette base de données ? Si le SARS-CoV-2 est d’origine naturelle et n’a aucun lien avec le WIV, pourquoi supprimer les données qui pourraient le prouver ?

Les autorités chinoises n’ont jamais fourni d’explication satisfaisante. La base de données n’a jamais été remise en ligne.

Les premiers malades : pas au marché

Le récit officiel initial affirmait que le premier cluster de cas était lié au marché de fruits de mer de Huanan. Mais des études ultérieures ont révélé que le premier cas documenté, daté du 1er décembre 2019, n’avait aucun lien avec le marché. Sur les 41 premiers cas hospitalisés, 13 n’avaient aucune connexion avec Huanan.

Plus troublant encore : selon une enquête du Wall Street Journal publiée en février 2023, trois chercheurs du WIV ont été hospitalisés en novembre 2019 avec des symptômes compatibles avec le COVID-19. Si cette information est exacte, cela placerait les premiers cas directement à l’intérieur du laboratoire, un mois avant l’apparition officielle du virus.

Le rapport du Congrès américain

En mars 2024, le sous-comité de la Chambre des représentants sur la pandémie de coronavirus a publié un rapport de 300 pages concluant que :

  • Le SARS-CoV-2 est « très probablement le résultat d’un incident lié à la recherche » au WIV
  • La structure moléculaire du virus porte des « signatures incompatibles avec une évolution naturelle »
  • Le site de clivage de la furine présent dans le SARS-CoV-2, absent chez tous les autres coronavirus de la même famille, est « hautement indicatif d’une insertion en laboratoire »
  • Les autorités chinoises ont « systématiquement détruit des preuves, censuré des scientifiques et entravé les enquêtes internationales »

Ce que cela signifie

Si le COVID-19 a effectivement été créé ou modifié en laboratoire, les implications sont vertigineuses :

  • Un virus issu de recherches financées par les contribuables américains a tué plus de 7 millions de personnes dans le monde
  • Les responsables scientifiques et politiques qui ont financé ces recherches ont activement cherché à discréditer l’hypothèse de la fuite — pour protéger leur propre responsabilité
  • Les plateformes de réseaux sociaux ont censuré la vérité au nom de la « lutte contre la désinformation » — se rendant complices de la dissimulation
  • Le système international de biosécurité a échoué de manière catastrophique

La question n’est plus de savoir si le virus est sorti d’un laboratoire. La question est : qui sera tenu responsable des 7 millions de morts ?

La réponse, vous la connaissez déjà : personne.


Commentaires

3 réponses à “Le COVID-19 a-t-il Été Créé en Laboratoire à Wuhan ?”

  1. Avatar de BiologisteFR
    BiologisteFR

    Je suis biologiste moléculaire. Le site de clivage furine du SARS-CoV-2 est une anomalie qui n’existe dans AUCUN autre coronavirus de cette famille. En 20 ans de recherche, je n’ai jamais vu un virus acquérir naturellement un insert aussi spécifique. Est-ce que ça prouve la création en labo ? Non. Est-ce que ça devrait être investigué sérieusement ? Absolument.

    1. Avatar de DoctorantBiochimie
      DoctorantBiochimie

      Merci pour ce commentaire éclairé. En tant que doctorant en biochimie, je peux confirmer plusieurs de tes points.nnLa recherche sur les gains de fonction est un sujet extrêmement sensible dans la communauté scientifique. Beaucoup de chercheurs sont mal à l’aise avec certains protocoles mais n’osent pas s’exprimer publiquement par peur de perdre leurs financements.nnCe qui me frappe le plus, c’est le manque total de transparence autour de certains laboratoires. Les audits de biosécurité sont souvent superficiels et les incidents ne sont pas toujours rapportés. On est loin de la rigueur qu’on attend dans ce domaine.nnBref, la science devrait être ouverte et vérifiable. Quand elle ne l’est pas, il est légitime de poser des questions.

  2. Avatar de VirologueAnon
    VirologueAnon

    Virologue dans un labo P3 en France (anonymat obligatoire, vous comprendrez). La recherche gain-of-function est une RÉALITÉ dans nos labos. On rend des virus plus dangereux pour « anticiper » les mutations naturelles. Le risque d’accident est non nul — il y a des incidents de biosécurité chaque année qui ne font jamais la une. Si le SARS-CoV-2 vient d’un labo, ça ne me surprendrait pas. Ce qui me surprendrait, c’est qu’on l’admette un jour.

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